Bonjour à toutes et à tous,

Après mon dernier post ultra girly, que vous pouvez retrouver ici, haut en couleur, dans tous les sens du terme d'ailleurs, j'avais envie de revenir à mes premières amours: le classique chic, cette fois-ci, en noir et blanc.

Voilà plusieurs semaines déjà que j'avais un intitulé qui me trottait dans la tête, collant parfaitement avec ma tenue automnale: "White and black, danse, balance sur le white and black blues...". Ce sont les paroles d'une chanson, dont l'auteur est Serge GAINSBOURG, interprétée par Joelle URSULL, une guadeloupéenne, à l'EUROVISION de 1990. Cette dernière avait fait la fierté des antillais. C'est un très joli souvenir d'enfance...malgré le fait qu'elle n'ait pas gagné.

Pour autant, je pense qu'adopter un tel titre aurait été un mensonge. Car, cette chanson, joviale au demeurant, n'aurait absolument pas correspondu à mon état d'esprit. Aussi, en commençant à écrire, il m'est venu un autre titre de film, beaucoup plus évident pour moi, mais peut-être moins facile à appréhender pour vous: "The Mask", interprété par Jim CARREY. Pour ceux qui ne sont pas de ma génération, le peach est celui-ci: il 'agit d'un homme insipide, qui trouve un masque qui lui confère des pouvoirs absolus, le rendant invincible et quasiment omnipotent. Une fois le masque porté, le type devient complètement décomplexé.

Je trouvais que ce titre était davantage en adéquation avec le thème, ou plus exactement, avec mon humeur. En effet, ces derniers temps, j'étais plutôt mélancolique, pour des raisons que ne n'évoquerai pas. En effet, même si l'écriture (du moins la mienne) provoque une forme de déshinibition, ou d'impudeur penseront d'autres, je cultive, heureusement, mon petit jardin secret. Et la mélancolie...cela arrive même aux meilleurs, dont moi (oui, mélancolique j'ai dit, pas modeste!). Que voulez-vous, je ne peux pas toujours être au top de la dance, pump and up et faire des rondade, flip, et autre salto arrière à tout va. Après tout, c'est profondément humain, on a tous nos coups de blues. Sauf que, comme tout le monde, j'ai une vie sociale et professionnelle avec laquelle je me dois de composer... donc, il faut faire genre quoi, se donner une contenance, être en représentation. En conséquence, et même si ce n'est pas l'envie qui m'a manqué, il était exclu que je me traine, que je tire la g...heu bouche (voilà mummy), et que je reste au fond de mon lit en pyjama pilou-pilou, à mater mon plafond (tiens, au passage, il faudra que je pense à enlever cette toile d'araignée au lieu de la contempler). 

Dans ces moments là, il faut trouver un exutoire, ceci afin de ne pas se laisser aller. Tandis que certains vont courir, se faire une toile, des claquettes (oui, oui cela arrive), bouquinent, d'autres s'enfilent des gâteaux, ou éprouvent le besoin de parler à des amis, à voir du monde...et bien moi, qui ne fais évidemment rien comme tout le monde, mon sas de décompression de trouve ailleurs.

 J'enfile mon masque. Qu'est-ce cela signifie-t-il devez-vous penser?! C'est très simple: quand j'ai un coup de mou, je me plonge...dans mon dressing! En effet, même si j'ai le moral dans mes talons de huit centimètres, il est hors de question que je sorte en djellaba ou en boubou (mes respects pour celles qui y parviennent). Concrètement, j'active le mode représentation, j'ouvre mon dressing, et je cherche les plus belles des pièces qui, selon moi, pourraient me mettre en valeur. La fashion addict prend le dessus. Quand je fais acquisition de nouvelles pièces, j'exulte. Et quand je farfouille dans ma penderie pour trouver THE tenue qui me fera vibrer ne serait-ce qu'une journée, je suis extatique, cela me redonne une patate de malade et me procure un bien fou. Dans ces moments là, je me fais donc un point d'honneur à me vêtir de manière à ce que l'on ne se focalise que sur ma tenue, à l'extrême opposée de mon ressenti. Fichue contradiction ambulante, toujours et encore elle...;-)

Pendant plusieurs jours, j'ai éprouvé le besoin de porter mon masque, j'avais besoin de mettre mon masque. J'avais envie que l'on croie que je me la raconte, que je me la pète (grossier mummy?), en marchant à cinq centimètres du sol (en même temps, si j'ajoute les huit centimètres de talons, j'arrive à treize) et que l'on pense que je me sente super belle.. Après, il est vrai que ce masque peut parfois se fissurer et laisser entr'apercevoir ce qu'il se cache derrière: cette fichue mélancolie. Il est également vrai que les gens me connaissant relativement bien savent me démasquer lorsque je tente de faire illusion. Mais pour le reste, l'apparence opère et c'est ce qui m'importe. On me voit forte et warrior et c'est là l'essentiel.

En tout état de cause, les gens n'ont pas besoin de savoir ce qu'il se passe du côté obscur de la force.D'ailleurs, ils n'en n'ont surtout pas envie. Pas même moi, je l'avoue avec une pointe de honte en l'écrivant. A titre d'exemple, lorsque vous demandez à une personne lambda au boulot, comment elle va, vous vous attendez logiquement à ce qu'elle vous réponde: "Oui, très bien, merci, et vous/toi". Mais si, au lieu de cette formule convenue, celle-ci se met à se répandre de la manière suivante: "Ah non, vraiment pas, j'ai mon ballon d'eau chaude qui m'a lâchée ce matin, je n'ai pas pu prendre de douche vu que l'on m'a aussi coupé le chauffage et qu'il faisait trois degrés ce matin, je suis tellement à découvert que je n'ai même pas un euro pour prendre le métro, j'ai dû venir à pied, une heure de marche, et en sortant du taff je dois aller à l'hôpital voir ma cousine dont les jours sont comptés"....quelle attitude adoptez-vous? Soyons sérieux une minute, avouons que l'on n'a aucune envie d'entendre un collègue, que l'on croise à peine une fois par semaine dans le couloir, nous répondre cela! Nous avons tous nos propres soucis, alors écouter ceux des autres...! Donc, je fais le choix d'enfiler mon masque.

Voilà, celui que je vous propose aujourd'hui pourrait recevoir la qualification suivante: Simply chic. Rien que de vous en parler, cela me donne des palpitations dans le bon sens du terme. Parce que finalement, ce masque a aussi une vertu. C'est un peu comme la méthode coué ou le type du film dont je vous ai précédemment parlé. Je deviens agréable, je souris sur commande et du coup, à force de me comporter de la sorte, ce semblant de bonne humeur finit par déteindre sur mon moral en berne...et même s'il s'agit de l'espace de quelques secondes, je prends.

Concernant ma mode, mes masques sont généralement classiques et épurés: En l'espèce, un top noir à manches longues, orné de bijoux fantaisies autour du col rond, décolleté dans le dos ainsi qu'une sublime jupe portefeuille, blanche asymétrique, comportant des petits reliefs. Comme chaussures, j'ai choisi mes babies à talons roses poudrées. En sus, j'ai ressorti mon sac en nubuck marron et à imprimé reptile aux extrêmités. Enfin, mes doubles clous ronds et mes dread locks en demi-queue, terminent ma tenue.

Et bien ce masque, mon remonte moral a égayé mes journées...et j'en ai porté plusieurs jours cette semaine, jusqu'à ce que cette mélancolie s'éloigne de moi. Et j'en porterai à chaque fois qu'elle reviendra...

Et vous?! C'est quoi votre masque?

 

 

 

 Toutefois, quand je me vois sur cette photo, je me rends compte qu'il suffit d'un instant (presque) volé pour constater que, malgré tous mes efforts, quelques fissures demeurent...

  • Top: MAJE
  • Jupe: MAJE
  • BabiesMARCO TOZZI
  • Sac: MICHAEL KORS
  • Boucles d'oreilles: AGATHA

 

A bientôt!

Y.