Bonjour à toutes et à tous!

Aujourd'hui, je suis d'humeur guillerette. J'ai une pêche d'enfer, à tel point que l'on dirait que je me suis injectée du coca-cola par intraveineuse. Peut-être est-ce parce que je n'ai pas passé une trop mauvaise journée au taff, une fois n'est pas coutume. Peut-être aussi parce que j'ai revu une amie que je ne vois pas souvent, mais qu'à chaque fois que l'on se croise, on reste des heures à refaire le monde comme si l'on s'était quitté la veille...comme quoi le bonheur ne tient vraiment pas à grand chose. Mais passons sur mon état d'esprit du jour, et parlons plutôt de la tenue que je vais vous présenter.

Toutefois, à titre liminaire, je souhaite d'abord revenir sur l'intitulé de mon article. Ouais, en ce moment, j'aime bien faire des explications de texte. C'est mon côté maîtresse d'école. Ce titre, volontairement provocateur, fait écho à l'un des rares livres lus dans ma tendre enfance. En effet, petite, je détestais lire...qui aurait pensé que je me serais tapée cinq ans d'études de droit, puis un boulot juridique qui m'oblige à lire constamment des textes, de la doctrine et autre jurisprudence...et entre deux, je l'avoue, avec une pointe de honte, Vogue et Closer...C'était sans doute un dégoût anticipé.

Quoi qu'il en soit, ce livre, je l'avais piqué à ma grande soeur: "Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée" de Kai HERMAN et Horst RIECK. Bon, au regard du titre, vous devinez, pour ceux qui ne le connaissent pas, qu'il n'est pas très pump and up! Mais il m'a profondément marquée. En substance, il s'agit d'une jeune femme qui plonge dans l'enfer de la drogue, puis de la prostitution afin de subvenir à ses besoins quotidiens d'héroïne. Heu...personne ne s'est ouvert les veines là?! Je ne suis pas entrain de vous perdre?  Je vous rassure tout de suite, calmos, ce n'est pas de mon vécu dont il s'agit...so, cool Raoul! Cependant, je suppose que vous vous demandez le lien que cela pourrait bien avoir l'intitulé de mon post et de ma tenue du jour. Patience, j'y viens. En fait, à travers ce bouquin, on pouvait presque palper la souffrance de cette jeune femme. Et moi, un brin empathique et sensible, j'avais l'impression de souffrir avec elle.

Et bien,un jour, je crois avoir ressenti une émotion s'en rapprochant lorsque l'on m'a dit ceci: "Tu as un physique androgyne". A cette période, comme j'avais les cheveux relativement courts, j'ai pensé, de prime abord, que cela ne tenait qu'à ma coupe. Et puis, quand cela est monté à mon cerveau (ben avec mes 178 centimètres, ça met du temps à tilter), j'ai réalisé qu'en fait, cette personne faisait référence ma morphologie. Alors non, je n'avais pas l'opulente poitrine de Pamela ANDERSON, ce qui n'a pas changé (un peu à mon grand désespoir d'ailleurs), et non, je n'ai toujours pas le fessier de BEYONCE...à bon entendeur ;-). Oui, je passe plutôt derrière une affiche sans la décoller. Mais de là à ressembler à un type...parce que c'était la définiton que je m'en faisais à l'époque. J'ai vraiment pris ces propos comme une insulte. En sus, mes complexes étaient suffisamment importants (dont je vous avais déjà fait état dans un de mes précédents articles que vous pouvez retrouver ici), pour ne pas me rajouter celui-ci!

A cela s'ajoute le fait qu'en Martinique, le lieu où j'ai grandi, les femmes les plus appréciées sont souvent celles qui ont la morphologie en huit, comme dirait Christina CORDULA. Celles aux formes généreuses, quoi. Autant vous dire que j'étais la bonne copine, secrètement amoureuse de ses nombreux amis pendant biiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeennnnnnnnnn longtemps. Bon, les gars (terme générique incluant les meufs), j'évoque un passé lointain hein, n'allez pas vous pendre à un bonzaï! En tout état de cause, au pire, vous vous ferez une luxation du petit orteil. Mais si cela vous démange, attendez au moins de lire l'article jusqu'au bout. Ben oui quoi, il est où votre vernis social, mince alors!

En fait, à travers cette anecdote, je veux juste exprimer ou tenter d'expliquer que lorsque l'on est ado, qui plus est sensible (c'est presqu'un pléonasme là...), on peut éprouver des sentiments décuplés. Et si l'on est, à la base, émotif, autant dire que cela n'arrange rien. Ben moi, j'avais ressenti de la souffrance allant jusqu'à la détestation de mon physique.

Puis, quelques années plus tard, une amie a réitéré. Au cours d'une discussion, elle m'a sorti: "Ben, oui, avec ton physique androgyne, tu me fais penser à Grace JONES!" Heu...alors là...comment dire... cela a précisément été le coup de grâce. J'avoue avoir littéralement beuguée. Je ne savais pas ce qui m'avait le plus saoulée: la qualification d'androgyne ou ma pseudo ressemblance à Grace JONES...Après réflexion, il s'agissait des deux mon capitaine.

Juste pour les plus jeunes, Grace JONES c'est elle (...quand même), bien que les goûts et les couleurs ne se discutent pas:

 

 

Et puis, ce n'est que bien plus tard que je me suis décidée à aller chercher la définition du terme androgyne (oui, oui, ça va, je vous ai déjà dit que j'étais longue à la détente) qui me turlupinait: "Etre humain dont l'apparence ne permet pas de savoir à quel sexe ou genre il/elle appartient". Bien...j'ai beau avoir un physique de brindille, je ne crois pas que quelqu'un n'ait jamais douté un jour de mon appartenance au sexe ou au genre féminins. Autant vous dire que si j'avais pris la peine d'ouvrir un dico plus tôt, je me serais épargnée tous ces complexes inutiles et autres souffrances...

C'est quand même fou ça! Ouais là, j'ai envie de pousser un coup de bouche (censure de grossierté imposée par mummy oblige). Car non seulement, les gens utilisent des mots dont ils ne connaissent pas le sens mais, en plus, ils se permettent de dire tout et n'importe quoi, sans se préoccuper des conséquences que cela pourrait engendrer, ou de la façon dont cela pourrait raisonner chez l'autre. Par exemple: Avez-vous déjà entendu dire ou dit à quelqu'un:"Je trouve vraiment que tu as un physique de bouboulina!" On est bien d'accord, cela n'est pas politiquement correct. En revanche, traiter quelqu'un d'androgyne, au seul motif qu'il a un physique filiforme ne choque personne.

Cela étant, si dans l'imaginaire collectif, l'androgynie s'apparenterait, en réalité, à un mélange de masculin-féminin, abstraction faite de l'appartenance à un genre ou à un sexe définis, ce qui semble être le cas, alors je souscris entièrement à cette définition erronée. D'autant que c'est dans ce sens que la mode féminine se l'est appropriée. Les exemples sont multiples: le boyfriend ici, les derbies, les bretelles, les smoking etc...C'est une grande tendance mode: l'adoption de ce fameux look androgyne.

De mon point de vue, je trouve qu'il n'y a pas plus chic voire plus sexy, qu'une nana adoptant un look masculin avec des accessoires hautement féminins. C'est la raison pour laquelle je vous propose ce qui va suivre...du moins, pour ceux qui sont arrivés jusque là. Après tout, autant forcer le trait et porter un look en adéquation avec ma supposée androgynie!

J'ai choisi une chemise, tout ce qu'il y a de plus simple: bleue nuit, manches trois quart (dois-je vous confesser qu'en réalité, les manches sont originellement longues?...merci l'évolution de la mode). J'ai enfilé autour du coup un noeud pap' rouge à pois blancs! Un jean, brut, slim également bleu, agrémenté de bretelles noires. Et comme chaussures, j'ai ressorti mes peep toes surnommées par mes soins: les boules à facette dont je ne me lasse pas. Comme sac, j'ai opté pour ma besace, en cuir marron, portée à l'épaule. Et pour finir, des petits clous en argent, et mes bagues qui ne me quittent quasiment jamais. C'est tout. J'adore ce look masculin-féminin, épuré comme à mon habitude, élégant à mon sens, et décalé, évidemment...Enfin, pour parfaire mon look j'ai réalisé un chignon haut avec mes dread locks...simple et efficace.

Grâce à l'évolution de la mode, je me sens pour le coup, avec ce look, extrêment féminine...et pleinement femme!

Car, et j'en finirai par là:

"Moi si j'étais un homme, je serais capitaine...d'un bateau vert et blanc...d'une élégance rare et plus fort que l'ébène...pour les trop mauvais temps...Je t'emmènerais en voyage...dans les plus beaux pays du monde... J'te ferais l'amour sur la plage... en savourant chaque seconde... où mon corps engourdi s'enflamme... jusqu'à s'endormir dans tes bras... je suis femme et quand on est femme... on ne dit pas ces choses là (...). Ah si j'étais un homme, je serais romantique".

Extrait de la chanson: SI J'ETAIS UN HOMME de DIANE TELL

 

 

 

Chemise:CAROLL

Jean DIESEL

Bretelles: H&M

Noeud pap': ZARA

Peep toes: HISPANITAS

Sac: LA BAGAGERIE

 

Crédit photo: Photographe Jean-Michel MOLIN

Site internet:

Facebook: Jm MOLIN

A bientôt

Y.