Bonjour à toutes et à tous!

Nous sommes le vendredi onze novembre 2016. Généralement, je commence à écrire mon article en début de semaine. D'autant que, pour une fois, je savais précisément la tenue que j'allais vous proposer. Je l'adore! En revanche, ce que je j'ignorais, c'est qu'elle ferait autant sens à mes yeux, compte tenu de l'actualité.

En sus, je ne pensais pas que j'aurais eu tellement de mal à écrire, à poser mes mots. Cette fois-ci, ce n'était pas par manque d'envie ou par procrastination aigüe. La raison profonde est que le huit novembre, je me suis couchée normalement et le lendemain, j'avais une gueule de bois terrible, alors même que mon seul apéro de la veille s'était résumé à un perrier grenadine. Autant vous dire que j'étais loin d'être déchirée. Mais, quand je me suis réveillée, je me suis avachie sur mon canapé tel un loukoum, devant la télévision, bouche bée, scotchée, littéralement choquée et abasourdie. Comme disait mon neveu quand il était petit, "je n'y croyais pas dedans mes yeux".

Trump venait d'être élu quarante-cinquième président des Etats-Unis d'Amérique!

Plusieurs sentiments, à la fois successifs et entremêlés m'ont alors animée: l'étonnement, la stupéfaction, l'incompréhension, l'interrogation. Et puis, vinrent rapidement, la colère, l'aigreur, la déconcertation, la quadruple paire de méga-boulasses (tous droits réservés). Enfin, à toutes ces émotions, se sont ajoutés la tristesse, un mal être réel et surtout...surtout... la peur. Je suis partie travailler complètement chamboulée avec l'ensemble de ces ressentis, en passant de l'un à l'autre, en boucle toute la journée. Et dans le même temps, je repensais au fait que dans quelques jours, nous allions commémorer les un an des attentats de Paris. Là c'en était trop, le pompon sur le gâteau, la cerise sur la Garonne (breveté).

Je ne pouvais donc pas écrire, du moins pas sur le coup. Parce que, étant d'un tempérament excessivement relativement sensible et sanguin (ouais, je sais, ça aide pas), je pense que je n'allais coucher sur papier que des bips, des bips et encore d'autres bips. Et cela, mummy n'aurait pas apprécié... vous commencez maintenant à la connaitre. J'ai donc décidé de prendre mon temps et le recul nécessaire, ceci afin de laisser décanter les choses, pour tenter de m'exprimer de façon mesurée (autant que faire se peut) et appropriée, tout en restant fidèle à ce que je suis. Et je peux vous dire que c'est loin d'être un excercice facile. Toutefois, rassurez-vous, je ne vais pas entrer dans la polémique, ni faire une tirade sans fin sur cette nouvelle, qui m'a, ô combien bouleversée....enfin finalement si, quand même un peu, puisqu'il m'est impossible d'en faire fi parce que j'en ai encore la boule au ventre.

Alors effectivement, vous pourriez m'opposer que mon blog est principalement dédié à la mode. Dont acte. Pour autant, je me questionne: le repli sur soi, le racisme, la xénophobie, l'islamophopbie, le sexisme, le machisme sont-ils de nouvelles modes émergentes? Non, parce que, pour une fashion addict, il est tout de même important d'être tenue informée des dernières tendances. Et ce serait surtout impardonnable de passer à côté des must haves, dans la mesure où mon dressing ne comporte aucune de ces pièces.

Dans la continuité de ma réflexion, je me suis dit que cette mode, qui n'est manifestement jamais arrivée jusqu'à moi, vient de trouver sa consécration aux States quand même! Je n'ai, sans doute, pas voulu y croire, ou me suis dit qu'elle passerait peut-être inaperçue. Je la trouve tellement gerbante. Et plus je continuais dans cette masturbation intellectuelle, plus je réalisais que j'avais toujours voulu mettre un mouchoir sur cette nouvelle mode. Peut-être parce que j'espérais qu'elle s'essouffle à plus ou moins long terme, qu'elle ne serait qu'éphémère, voire, soyons fous, qu'elle disparaisse et que les fashion addicts se rendraient rapidement compte qu'elle ne présenterait aucun intérêt.

Oui, parce que bien que pragmatique, la petite fille qui sommeille en moi demeure une grande utopiste. Mais à vrai dire, si je veux parfaitement être honnête, j'étais soit dans le déni, soit dans l'espoir. Car en vérité, cette mode, qui a trouvé son apogée ce neuf novembre 2016, ne date pas d'hier et, monte en puissance depuis plusieurs années. Et, force est de constater, qu'elle s'est progressivement invitée, puis propagée avant de s'ancrer un peu partout dans le monde, notamment dans nos dressing occidentaux et, singulièrement français.

Donc maintenant, cette réalité s'imposant à moi, j'ai peur. Peur que cette tendance modalistique galvanise ses admirateurs et trouve grâce aux yeux de la France, en 2017. Je n'ai pas la prétention moi, petite blogueuse en herbe, de proposer des solutions afin que celle-ci ne trouve pas résonance lors de nos prochaines échéances présidentielles. Mais une chose est sûre, c'est que je souhaite de toutes mes forces, de toutes mes tripes, qu'elle ne créera pas de précédent et, qu'il n'y aura pas de bis repetita hexagonal et dans l'outre-mer français. Que les ricains gardent leur mode de bip! Je la hais et j'espère, en toute sincérité, que je ne suis pas un cas isolé. 

J'émets humblement le voeu, que cette tendance soit contrée, par son rejet et la mobilisation afin de tirer les conséquences de ce seïsme mondial. Je pense que l'on peut démontrer que, nous français, nous avons les capacités ainsi que les ressources nécessaires et suffisantes pour balayer d'un revers de main des modes qui ne nous correspondent pas. Je crois profondément que nous pouvons faire preuve de contestation modalistique et dire non. Non, nous ne voulons pas d'une tendance à la Trump. Non, nous ne souhaitons pas que des pièces créées à partir du nationalisme, du populisme, du racisme, de la xénophobie, de l'islamophobie, du sexisme, de la misogynie et j'en passe...s'invitent dans nos garde robes. Et, oui, en tout état de cause, nous sommes assez forts pour les refuser et ne pas les acquérir, donc inutile de les vendre chez nous. Oui, nous sommes capables de choisir nos tendances, d'en accueillir de nouvelles, de respecter celles qui sont différentes des nôtres ou qui viennent d'aillleurs, de conserver notre entière liberté de les associer afin d'enrichir notre dressing, tout en faisant barrage à celles qui seraient susceptibles de lui nuire.

Alors, "Aux armes citoyens"! , la meilleure que je connaisse à ce jour étant le vote afin de contrecarrer cette tendance...Néanmoins, et là, cela n'engage que moi, le vote intelligent, le vote sensé et non celui de contestation pure par défiance de l'establishment. Car, l'on voit bien où cela a conduit les Etats-Unis. Partant, il ne fait nul doute que je m'inscrirai dans cette unique dynamique. 

C'est donc dans cet état d'esprit que je vous propose ma tenue du jour. Très féminine, elle est en fait la traduction de mon refus catégorique d'adhérer à des tendances qui me débectent. Je suis donc prête à enfiler ma tenue de combat et à me battre pour que ma France, déjà très fragilisée, rejette fermement des pièces qui ne lui apporteraient, à mon sens, strictement rien, puisqu'elles lui seraient incontestablement nuisibles et complètement néfastes.

 En conséquence, je vous propose une mini-robe en laine noire de type militaire à col montant. Je la trouve ultra-chic et j'avoue, un brin sexy. J'arbore un collant fantaisie noir ainsi que des bottes déjà évoquées ici pour celles qui ont du mal trouver la bonne combinaison pointure/tour de mollet.

Parlons accessoires maintenant. Cela fait plusieurs fois que j'évoque la boutique les PIPELETTES qui regorge de petits trésors dont je ne me lasse pas. Je porte ainsi une paire de boucles d'oreilles, de style "smarties" (dixit la responsable du magasin, et terme que je trouve trop drôle) en argent, un bracelet en cuir et métal argenté ainsi qu'une bague que je trouve, tout simplement somptueuse en argent et onyx. Les toulousaines, je me répète, mais vraiment, allez y faire un tour, vous ne serez pas déçues!

J'ai également choisi une pochette en vachette pleine fleur, qui égaye l'ensemble de la tenue, en lui apportant un touche super fun. Inutile de vous dire que j'en suis fan de chez fan. Je l'ai dénichée dans un magasin toulousain, LINEA MODA, qui propose des sacs tendances, travaillés, rétros, originaux, modernes, bref...il y en a vraiment pour tous les goûts. Et, ce qui est appréciable, c'est que la qualité est au rendez-vous. J'ai une faiblesse pour leurs sacs en cuir, notamment de marque italienne...Alors mesdames, vous avez ce qu'il vous reste à faire! courez-y! Enfin, j'avais envie de mettre un béret, que j'ai finalement troqué pour une casquette dans les tons rouges, en laine...pour tout dire, avec le béret, je ressemblais à une bouteille d'orangina inversée ou une tête d'ampoule, au choix...mais je ne regrette absolument pas la casquette! Pour finir, j'ai composé un bun (chignon) bas destructuré avec mes dread locks.

Me voilà fin prête pour partir au combat! Et vous, l'êtes vous?! 

 

 

 

 

 

PS: Je crois que c'est l'un des articles des plus difficiles qu'il m'ait été donné d'écrire...

  • Robe:SANDRO
  • BottesTED&MUFFY-www.tedandmuffy.com   
  • Boucles d'oreille, bague, bracelet:  LES PIPELETTES, 43 rue des Tourneurs, 31 000 Toulouse (sur facebook également)
  • Pochette:pochette cuir de vachette et peau véritable avec dragonne et anse longue réglable, fabrication italienne que l'on peut retrouver dans une charmante boutique toulousaine  LINEA MODA, 31 rue Saint Rome, 31 000 Toulouse (sur facebook également)
  • .Casquette:GREVY que l'on peut retrouver chez T.Corner, 20 rue saint Antoine du T, 31 000 Toulouse
  • Collant: CALZEDONIA

 

Crédit photo: Photographe Jean-Michel MOLIN

Site internet: 

Facebook: Jm MOLIN

A bientôt!

Y.